R.A.C
Le quartier à la dérive demande de l'aide
Une grande barre de huit étages entourée de cinq bâtiments. Le modeste quartier du RAC, situé à quelques centaines de mètres du centre-ville de Beaumont et géré par le Logis social du Val-d'Oise (LSVO), est fatigué par le temps. Mais c'est surtout l'état intérieur de nombreux appartements, au bord de l'insalubrité, qui interpelle.
Une motion pour dénoncer cette vétusté vient d'être déposée lors du dernier conseil municipal.
Crainte, gêne ou pudeur de montrer là où ils vivent, quelques locataires nous ont toutefois ouvert leur porte, tout en préférant préserver leur anonymat. C'est ainsi que l'on découvre, dans ce F 4 de la grande barre, dans ce F 3 de l'immeuble de la rue Charles-Béart ou encore dans cet appartement du square Jean-Desprez, des contours de fenêtres rongés par l'humidité, des moisissures sous-jacentes, de la peinture décrépie, du plâtre qui tombe du plafond ou encore ce papier peint, refait il y a quelques mois à peine dans une cuisine, lutter désespérément contre la gravité. « Je dors juste à côté, cela ne sent pas très bon, témoigne cette petite dame de 70 ans, montrant le mur de sa chambre noirci par les infiltrations. Nous avons en plus des problèmes de radiateurs. Tandis qu'il fait très chaud dans les derniers étages, il y a à peine 16 o C au rez-de-chaussée et au premier, la nuit. Et on ne peut pas les régler. »
Autre immeuble, autre appartement. Cette jeune femme qui élève seule son enfant dénonce les mêmes problèmes. « Je gagne 1 200 ¤ net et j'ai refait à mes frais le salon et la cuisine. En ce moment, j'utilise un petit poêle pour me chauffer car il fait trop froid. Cela engendre des frais supplémentaires. Je souhaiterais que le maire use de son pouvoir pour pousser le bailleur à faire les rénovations. En plus, les loyers ont augmenté. Il faut que les prestations suivent. »